Zomonon alias meunier!

Meunier, minotier, farinier, zomonon… Autant de qualificatifs qui désignent un métier aussi artisanal qu’ancien en Afrique. Un métier qui est souvent méconnu des enfants et parfois des grands, mais qui pourtant est toujours fort présent dans la vie des béninois.

Zomonon est en réalité un mot tiré de la langue Fon (parlée par près de 40% de la population béninoise) et qui veut tout simplement dire Meunier. Ce métier artisanal d’Afrique appelé Zomonon est exercé par les hommes de la classe populaire et impacte sur toutes les classes sociales de la société béninoise.

Ces patrons meuniers sont des personnes importantes dans la vie quotidienne des béninois. Ils sont souvent au centre de la vie sociale puisqu’ils transforment le maïs, les tubercules, la tomate….  en farine ou purée, dans un pays où la consommation des sauces et pâtes à base de farine tel que l’akassa, la pâte noir et la sauce tomate constituent la base de l’alimentation.
Le zomonon est cet homme-là qui mouline encore et encore pour nourrir des familles, des touristes, des quartiers, des villages et des villes. Il travail tous les jours et même parfois les dimanches et les jours de fête. Sa journée commence au lever du jour et se termine à la tombée de la nuit.

En visitant le bénin, vous retrouverez très vite, à l’angle d’une rue, ces petits moulins détenus par les zomonons. Ils sont présents, dans presque tous les quartiers, villes et villages du pays. Et sont pour la pluspart construits avec des morceaux de tuiles ou tout simplement des briques rudimentaires.
Dans son moulin, le zomonon passe toute sa journée assis sur sa chaise de bois ou sur son tabouret avec son apparence de  bonhomme de neige version enfarinée.

Lorsqu’un client se présente, le meunier mesure la quantité de céréales apportée à l’aide d’un récipient creux, de couleur blanche à rayures rouges appelé tongolo. Ce récipient sert en même temps d’unité de mesure.
Afin de transformer les grains en farine, le meunier verse dans la trémie du moulin, une espèce d’entonnoir, les grains à mouliner. Il glisse ensuite son doigt à travers une ouverture afin de pousser la matière vers le broyeur. Et enfin les grains ressortent sous forme de mouture à travers une sorte de robinet géant. La farine est ainsi obtenue.

Dans les ménages, les femmes ou ménagères sont celles qui portent au moulin les grains à moudre, elles vont donc souvent au moulin. Les meuniers sont alors au courant de toutes les nouvelles et, chez eux, elles se tiennent au courant de la vie du quartier, des alentours de la ville, du village ou du pays.
Au Bénin La meunerie n’a rien perdu de tout son caractère artisanal et magique. En visitant le pays, n’hésitez pas à vous rendre vers ces personnes. Laissez-vous imprégné par la noblesse et le savoir-faire de ce métier qui connecte le peuple béninois.

Retrouver ces Zomonon ?

Une fois à Cotonou, Soyez aventurier et demandez à tout habitant et il vous indiquera un moulin. Vous pourriez même penser à acheter des grains au marché et les y emmener et même demander au meunier de vous montrer comment faire, en échange d’un billet de 1000 FCFA ou 2000 FCFA. Vous vivrez mieux l’expérience et vous aurez découvert quelque chose de nouveau.

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NB : Les photos ont été prises dans le quartier Zogbo, chez un zomonon à côté du Studio photographique Chapelle Sixtine. N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez vous y rendre et pourquoi ne pas y moudre vos propres grains.

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